Il y a tant d'heures dans ces journées, de journées dans ces semaines et pourtant si peu de temps pour s'en saisir, les explorer avant de les laisser s'échapper.
Je cours, j'hyperactive, j'emplis des centaines d'heures de milliers de pensées et de gestes, comme si je craignais qu'une vie ne suffise jamais pour me démontrer qu'une seule humanité suffit à déplacer des montagnes.
Il y a un moment où j'ai fait le pas entre le vide et le presque trop-plein, j'ai eu l'impression de franchir un univers entier entre hier et aujourd'hui. Pourtant j'ai simplement décidé que j'allais consacrer le maximum de parcelles de moi-même à embellir et améliorer mon monde. Tâche ô combien difficile, délicate, éprouvante mais tellement enrichissante ...
Je rêve parfois de bulles confidentes, de parenthèses dérobées au train de la vie quotidienne, des apartés nature et or qui ne se poseraient plus la question de savoir quand ce souffle court devra se rendre à la respiration haletante du quotidien.
Mais peu importe, je vis dans le sillage de ce phénix qui me fascine, cet oiseau de feu que rien ne peut plus suspendre de son vol et qui se consume autant qu'il flamboie. Chaque jour je me réduis en cendres et j'attise mon foyer ardent dans une même foulée ...
Les visages gris, les coeurs vérolés par l'habitude du trop médiocre, du mécontetement de peu, perdent de leur aura morbide sur mes décisions et mes choix jour après jour. Parce qu'au fond de mon âtre, il y a les braises de résolutions qui dépassent de loin ces débris qui jonchent mon chemin. J'ai trop trébuché sur les basses considérations, tourbillonné dans des usines à gaz sentimentales et morales pour envisager de leur laisser durablement des prises sur un temps qui m'est trop préceux.
Soyons nobles que diable ! Soyons beaux et louables, riches et grands de coeur, la petitesse d'esprit et d'âme a déjà trop pris d'envergure pour qu'on lui cède le royaume des esprits rêveurs et aimants.
Je suis plus que jamais ici, dans mon royaume de lumières et de liberté, dans mon sanctuaire nuancé où les mots sont mes viscères et le verbe ma vérité la plus profonde et dépouillée.